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Amédée Guy (1882-1957)


(58 ans-SFIO)

Député de la Haute-Savoie

Amédée Guy est un médecin, un homme politique et un résistant français né le 20 mars 1882 à Bonneville (Haute-Savoie) et mort le 16 novembre 1957 à Thonon-les-Bains (même département).

Biographie:
Amédée Guy est issu d'une famille aisée. Il est le fils de Jules Guy, professeur de dessin et architecte de profession, maire et conseiller général (républicain) de Bonneville. Il fait ses études secondaires dans sa ville natale, et ses études supérieures (médecine et biologie) à Paris. Docteur en médecine, Amédée Guy s'intéresse aux maladies qui frappent les couches populaires : il travaille d'abord sur l'hygiène des nourrissons et des enfants abandonnés, puis sur la tuberculose. Parallèlement, il poursuit sa carrière d'enseignement.

D'abord chargé de cours à la faculté de médecine de Paris, il est détaché en Espagne, à Saint-Jacques-de-Compostelle, à la fin des années 1920 et au début des années 1930, puis retourne en France, cette fois à l'Institut du cancer de Villejuif, où il est chef du service de séro-bactériologie.

La tradition républicaine de sa famille et la misère qu'il voit en exerçant son métier le conduisent au socialisme. Il lit Karl Marx et des auteurs marxistes. Après l'unification de 1905, il adhère à la SFIO. Pendant la Première Guerre mondiale, il est médecin-major d'infanterie, puis responsable de la détection et de l'analyse des gaz asphyxiants. Décoré de la Légion d'honneur pour son attitude au front, il est en 1918 plus convaincu que jamais de la nécessité du socialisme.

Se situant résolument à l'aile gauche de la SFIO, il ne rejoint pas le Parti communiste après le congrès de Tours, mais plaide pour un rapprochement entre les deux mouvements ouvriers. En 1937, il fait partie de la mission qui part en Allemagne pour recueillir des renseignements sur le sort d'un militant communiste incarcéré par le régime nazi.

En 1932, sollicité par la fédération de Haute-Savoie, il est candidat aux élections législatives dans l'arrondissement de Bonneville. Battu, il obtient cependant 4 874 voix, alors que le candidat SFIO de 1928 n'avait rassemblé que 684 suffrages. En novembre, il est élu conseiller municipal lors d'une élection partielle. Il échoue à devenir maire lors des élections générales de 1935, mais conserve son siège au conseil municipal.

Lors des élections législatives de 1936, il est élu député. À la Chambre, il appartient à la commission de la Santé publique. Il est aussi rapporteur du budget de la santé.

En 1938, il se range parmi les partisans de la fermeté face à Hitler et participe au groupe Agir, avec, notamment, Pierre Brossolette, Léo Lagrange, Daniel Mayer, Georges Monnet, Jean Pierre-Bloch et Pierre Viénot.

Le 10 juillet 1940, il vote contre la remise du pouvoir constituant à Philippe Pétain. Peu après, le régime de Vichy l'assigne à une résidence, à Thônes, puis à Cruseilles. Après l'invasion de la zone libre, en novembre 1942, il est prévenu par des policiers résistants que son arrestation est imminente. Il tente de partir en Suisse, mais la police italienne l'arrête avant (la Haute-Savoie est occupée par l'Italie). Il est incarcéré à la forteresse d'Impéria, puis dans le camp d'Embrun.

En juillet 1943, la chute du régime fasciste le libère, mais les troupes allemandes rentrent peu après en Italie. La résistance italienne lui permet de gagner enfin la Suisse. Amédée Guy réside alors à Genève jusqu'à la libération de la Haute-Savoie. Il rejoint alors son département natal, et appartient au comité départemental de Libération. Réélu député en 1945, il devient conseiller général la même année. Battu aux élections législatives de 1946, il est élu au Conseil de la République. Il y préside la commission de la Santé publique.

En 1948, âgé de soixante-six ans et opposé à la politique de Troisième force, Amédée Guy se retire de la vie politique. Il participe à l'Association des déportés et internés résistants et patriotes de Haute-Savoie, et devient délégué cantonal de l'école de Lully. Il termine sa carrière médicale en tenant un cabinet de médecine biologique à Thonon, où il meurt.

sources : ©Wikipédia