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Jules Moch (1893-1985)


(67 ans-SFIO)

Député de l'Hérault

Jules Moch est un homme politique français, né le 15 mars 1893 à Paris et décédé le 1er août 1985 à Cabris (Alpes-Maritimes).

Polytechnicien (Promotion X 1912) et ingénieur de la Marine, il adhère à la SFIO en octobre 1924 et est élu député dès 1928, d'abord de la Drôme jusqu'en 1936, puis, lors d'une partielle, en 1937, de l'Hérault. Il s'impose comme un des meilleurs techniciens du parti socialiste. Esprit anticonformiste, il n'hésite pas à écrire qu'une bonne partie de la doctrine marxiste est dépassée.

Secrétaire général du gouvernement dans le premier cabinet Blum, puis sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil (1937), il est ministre des Travaux publics et des Transports dans le second cabinet Blum (mars-avril 1938). Il organise l'aide aux républicains espagnols (ventes d'armes fictives vers d'autres pays, qui se retrouvent en Espagne). En octobre 1938, il s'oppose aux Accords de Munich, et ne les vote à la Chambre des députés que par discipline de parti. Il est ensuite, avec Léon Blum, un des animateurs de la tendance de la S.F.I.O. prônant la résistance à Hitler.

Le 10 juillet 1940, il vote contre la remise du pouvoir constituant au maréchal Pétain. Comme les 79 autres parlementaires qui s'y sont opposés, Jules Moch est surveillé par Vichy, qui le fait même arrêter le 25 septembre 1940. Il est incarcéré à Pellevoisin (Indre), en compagnie de Vincent Auriol et de Marx Dormoy, puis transféré à Aubenas et à Vals.

Au début de 1941, il est libéré. Il entre alors dans la Résistance et crée le mouvement 1793, qui se livre à des sabotages dans l'Aude et l'Ardèche. Il rejoint de Gaulle en 1942. Peu enthousiasmé par le général, il préfère s'engager dans les forces navales de la France libre (1943) et participe au débarquement en Provence, en août 1944.

Il est membre de l'Assemblée consultative à Alger et Paris (1944), puis des deux Assemblées nationales constituantes (1945-46) puis de l'Assemblée nationale (1946-1958 et 1962-67). À huit reprises, il est ministre pendant la IVe République : Travaux publics et transports (1945-47), Intérieur (1947-50), Défense (1950-51). Jules Moch est vice-président du conseil de 1949 à 1950. Son dernier poste ministériel est l'Intérieur dans le gouvernement Pierre Pflimlin en mai 1958 : après le putsch d'Alger, il revient pour tenter de sauver la République, mais il constate que le noyautage de l'administration policière par les gaullistes et leurs alliés nationalistes gêne de manière rédhibitoire ses initiatives ; en effet, les CRS qu'il a envoyés échouent à reprendre la Corse aux putschistes.

Comme ministre des Transports, il contribue à la reconstruction des chemins de fer, des ports, des routes et de l'aviation. En tant que ministre de l'Intérieur, il est confronté aux grèves insurrectionnelles organisées par la CGT en novembre 1947 et il montre une grande fermeté. Les communistes l'injurient avec une extrême violence. Il crée les inspecteurs généraux de l'administration en mission extraordinaire (Igames), les premiers préfets régionaux. Au ministère de la Défense, il contribue à la modernisation de l'armée, met sur pied la participation française à la guerre de Corée et contribue à la mise en œuvre de l'OTAN.

Il combat à la fois le RPF et le PCF et est un des leaders de la Troisième force. Délégué de la France à la Commission du désarmement de l'ONU de 1951 à 1960. Comme rapporteur de la Commission des affaires étrangères, il combat la Communauté européenne de défense que l'Assemblée nationale rejette en 1954.

Battu aux élections législatives de 1958, il redevient député en 1962. En 1967, il ne se représente pas et se retire de la vie politique. Il se consacre notamment à ses livres, à des conférences internationales scientifiques et au projet de pont sur la Manche, plus coûteux mais plus rentable qu'un tunnel. Très marqué par son expérience ministérielle pendant la Guerre froide, affecté par la mort de sa femme, il manifeste son opposition à l'Union de la Gauche, et démissionne du Parti Socialiste le 1er janvier 1975.

sources : ©Wikipédia