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Léon Martin (1873-1967)


(67 ans-SFIO)

Député de l'Isère

Léon Martin est un universitaire, un homme politique et un résistant français, né le 23 décembre 1873 à Saint-Martin-de-Clelles (Isère) et mort le 24 juin 1967 à Grenoble.

Biographie:
Fils d'agriculteurs, Léon Martin fait des études de médecine et de pharmacie à Grenoble, puis à Lyon. Docteur dans les deux disciplines, il devient professeur de chimie et de toxicologie à l'école de médecine de Grenoble et, peu après directeur de cet établissement. Interne à l'hôpital de Lyon, il s'engage pendant l'affaire Dreyfus, du côté des dreyfusards, et adhère à la Ligue des droits de l'homme dès 1894. Militant socialiste dès cette époque, il adhère à la SFIO en 1905.

Dispensé de ses obligations militaires, il s'engage cependant en septembre 1914, suite à la bataille de la Marne. Il est au front pendant cinquante-deux mois, et son attitude lui vaut d'être décoré de la Légion d'honneur. Démobilisé en janvier 1919, il retourne enseigner et militer à Grenoble. Après le congrès de Tours, il reste à la SFIO et prend une part active à la reconstruction de la fédération de l'Isère, aux côtés de Paul Mistral, maire de Grenoble.

Léon Martin est élu conseiller général en 1922, puis conseiller municipal en 1925. Il devient alors adjoint au maire, chargé de l'Instruction publique et de l'hygiène.

En 1932, après la mort de Paul Mistral, Léon Martin lui succède comme maire. Il est également candidat de la SFIO pour prendre sa suite comme député, mais il est battu, à soixante-sept voix près, par le candidat de droite. Selon le dictionnaire Maitron, cette défaite est due au soutien fort modeste des radicaux-socialistes et à la campagne très dure menée par Le Petit Dauphinois, important quotidien local qui se présente comme neutre politique, mais n'en présente pas moins le docteur Martin comme un dangereux extrémiste.

Léon Martin poursuit le socialisme municipal de Paul Mistral : il fait construire de nouveaux logements sociaux, soutient l'enseignement, crée une école hôtelière, et une Amicale laïque, dont il devient président, jusqu'aux années 1960. En 1935, sa liste battue par une liste commune des radicaux et de la droite. L'année suivante, il est élu député.

Le 10 juillet 1940, Léon Martin vote contre la remise du pouvoir constituant à Philippe Pétain. Il s'engage ensuite dans la Résistance, comme dirigeant fondateur du réseau Franc-Tireur dans la région alpine, avec Eugène Chavant, Jean Perrot et Aimé Dupin. Il distribue des tracts et des journaux clandestins et aide les réfractaires au Service du travail obligatoire à rejoindre le maquis. Il est arrêté le 4 avril 1943 par des soldats italiens (l'Italie occupant les Alpes depuis novembre 1942) et incarcéré aux forts de l'Esseillon. Cinq mois plus tard, il s'évade, grâce à la chute de Mussolini, et retourne en France. Il participe alors à la Résistance dans le Massif central.

En 1944, il décide de se retirer de la vie politique et ne présente sa candidature ni aux élections législatives, ni aux élections cantonales. Mais, sous la pression des militants socialistes isérois, il mène la liste SFIO aux élections municipales de 1945 et redevient maire. Il est réélu en 1947 et 1953, puis se retire définitivement en 1959, ne présentant pas sa candidature. Pendant cette seconde période à la tête de la mairie, Léon Martin favorise l'industrialisation, le développement de l'hydroélectricité et du tourisme, l'enseignement supérieur. De 1945 à 1959, la surface de Grenoble double.

Décoration

Commandeur de la Légion d'honneur à titre militaire
Médaille de la Résistance

sources : ©Wikipédia