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René Renoult (1867-1946)


(73 ans)

Sénateur du Var

René Renoult, dit René-Renoult, est un avocat, un homme politique et un résistant français né le 29 août 1867 à Paris et mort dans la même ville le 25 avril 1946.

Biographie:
Fils d'un militant républicain, René Renoult s'engage très tôt en politique, combattant le boulangisme. Pendant ses années de lycée, il est huit fois lauréat du concours général.Il fait ensuite des études de droit, jusqu'au doctorat et s'inscrit au barreau de Paris en 1888.

Dès l'année suivante, il succède à Paul Doumer comme chef de cabinet de Charles Floquet, président de la Chambre des députés. En 1894, René Renoult crée, avec Charles Floquet, Léon Bourgeois, René Goblet et Camille Pelletan le Comité central d'action républicaine, qui devient, après 1901, le comité directeur du Parti radical. René Renoult est élu président du Parti radical en 1903, puis président d'honneur, en 1931. Il est l'auteur de la célèbre formule « Pas d'ennemis à gauche ! »

Élu député de la Haute-Saône en 1902 et constamment réélu jusqu'en 1919, René Renoult consacre la plus grande partie de son activité parlementaires aux questions sociales et fiscales. Il fait adopter la loi établissant un salaire minimum pour les ouvrières à domicile du vêtement, et participe à l'élaboration de la loi sur les retraites ouvrières, avec Joseph Paul-Boncour.

Il est, en 1914, le rapporteur de la loi instituant l'impôt progressif sur le revenu. Il connaît sa première expérience ministérielle en 1909/1910, comme sous-secrétaire d'État aux Finances.

Membre de la commission des Finances et plusieurs fois vice-président de la Chambre, René Renoult est président de la commission de l'Armée pendant la Première Guerre mondiale. Le 11 novembre 1918, il tient le discours d'hommage à Georges Clemenceau, Ferdinand Foch, et surtout « à la République, qui a fait le miracle de la victoire ». La Chambre vote à l'unanimité l'affichage public de ce discours.

Après la démission de Clemenceau de son mandat de sénateur du Var, René Renoult lui succède. Il est constamment réélu jusqu'en 1940. Il appartient à la commission des Finances, de l'Armée, des Affaires étrangères, puis de la Législation civile. En 1921, il critique le rétablissement des relations diplomatiques avec le Vatican, décidée par le gouvernement de Bloc national.

Garde des Sceaux dans le gouvernement d'Édouard Herriot, de juin à décembre 1932, il dépose un amendement visant à étendre les droits civils de la femme mariée. Il est ensuite rapporteur, au Sénat, de cet amendement, finalement concrétisé par loi du 18 février 1938 : la mention selon laquelle « la femme doit obéissance à son mari » est supprimée du code civil.

Dans les années 1930, il se range parmi les partisans d'une politique de fermeté face à Hitler. Le 10 juillet 1940, il vote contre la remise du pouvoir constituant à Philippe Pétain. Il s'engage ensuite dans la Résistance. Arrêté en janvier 1944 par la Gestapo, il est libéré dès le 17 de ce mois par les Forces françaises de l'intérieur. Après la Libération, René Renoult se retire de la vie politique.

sources : ©Wikipédia