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Vincent Auriol (1884-1966)


(56 ans-SFIO)

Député de la Haute-Garonne

Fils de boulanger, licencié en droit en 1905, puis docteur, il exerce la profession d'avocat à Toulouse et milite à la SFIO. Député de Muret de 1914 à 1940, secrétaire du groupe socialiste à la Chambre des députés à partir de 1928, il devient progressivement l'expert financier du parti socialiste puis un de ses principaux leaders. Il se fait adopter par la SFIO en 1921, puis par l'ensemble des partis socialistes européens en 1922, un plan de redressement prévoyant la création d'un Office central qui se chargerait de toutes les régions sinistrées et qui serait financé par des prêts à longs termes consentis par le gouvernements.

L'Allemagne paierait, via cet organisme, ses réparations, par des prélèvements sur les dividendes de ses banques et industries. Mais les socialistes ne sont alors pas assez puissants pour imposer un tel projet. De 1924 à 1926, sous le Cartel des gauches, Vincent Auriol préside la commission des finances de la Chambre des députés.Ministre pendant le gouvernement du Front populaire, il est l'un des quatre-vingts parlementaires à refuser de voter la remise du pouvoir constituant au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940. En septembre de cette année, le gouvernement de Vichy le fait arrêter.

Il est libéré pour raisons de santé et placé en résidence surveillée en août 1941. En 1942, il passe à la clandestinité et entre dans la Résistance. L'année suivante, il parvient à rejoindre Londres en avion. En 1944, il est président de la Commission des finances de l'Assemblée consultative d'Alger. En 1946, Vincent Auriol devient président de la première, puis de la seconde Assemblée constituante. L'année suivante, il devient le premier président de la Quatrième République.

Auriol n'entend pas, selon son expression, être un « président soliveau » : il exerce pleinement sa fonction d'arbitre. En 1959, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais il cesse de se rendre aux réunions dès 1960, pour protester contre l'interprétation outrageusement restrictive des compétences du Conseil et du Parlement qu'a le général de Gaulle : plusieurs lois, dont la loi Debré sur l'enseignement scolaire, ont été votées sans que le Conseil constitutionnel soit consulté.

« Cette désinvolture à l'égard de la souveraineté nationale et de notre charte fondamentale oriente le régime constitutionnel de 1958 vers un système de pouvoir personnel et arbitraire en opposition avec les principes et les règles essentiels de la démocratie. » Vincent Auriol revient le 6 novembre 1962 pour voter sur la constitutionnalité de la loi référendaire modifiant le mode d'élection du président de la République. Son ultime acte politique est d'appeler à voter pour François Mitterrand lors de l'élection présidentielle de décembre 1965. Marié à Michelle Aucouturier en 1912, il est le beau-père de l'aviatrice Jacqueline Auriol.

Mandats électifs

Maire de Muret (1925-1946)
Conseiller général du canton de Carbonne (Haute-Garonne)(1928-1946)
Député de la Haute-Garonne (1914-1942), membres des deux Assemblées nationales constituantes puis député en 1946-47.

Fonctions

Ministre des finances (4 juin 1936-22 juin 1937)
Ministre de la Justice (22 juin 1937-18 janvier 1938)
Ministre de la Coordination des services ministériels à la présidence du Conseil (11 mars-10 avril 1938)
Ministre d'État sans portefeuille (22 novembre 1945-20 janvier 1946)
Président de la deuxième Assemblée nationale constituante, puis de l'Assemblée Nationale en 1946
Président de la République (1947-1954). Il est élu le 16 janvier 1947 par 452 voix contre 242 à Champetier de Ribes (MRP), 122 à Jules Gasser (radical) et 60 à Michel Clemenceau (droite).

Membre de droit du Conseil Constitutionnel à partir de 1959
Médaille de la Résistance
Grand officier de la Légion d'honneur
Grand-croix de la Légion d'honneur (comme président de la République)
Grand-croix de l'Ordre national de 32 États
Croix de combattant volontaire de la Résistance

Œuvres

Hier et demain, 1944 (écrit pendant la Seconde guerre mondiale)
Journal du septennat, éd. Tallandier, 2004 (version complète).

sources : ©Wikipédia